8 mauvaises utilisations de notre bouche
- La Parole Chrétienne

- 21 oct. 2020
- 10 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 nov. 2020

"Car c'est de l'abondance du coeur que la bouche parle" Matthieu 12.34
La bouche est un canal avec des "entrants" et "sortants". Le spot ici sera placé sur les sortants, qui sont des informations rattachées à notre coeur. Il y a tant de mauvaises utilisations de notre bouche, que nous n'allons pas toutes énumérer, mais en voici huit :
1. Critiquer/juger
Lequel d'entre nous n'a jamais critiqué ou jugé ? Pouvez-vous lever votre main pendant la lecture de ces deux lignes ? Honnêtement j'en doute.
Nous jugeons et critiquons quand inconsciemment ou consciemment nous nous plaçons à un niveau supérieur par rapport à l'autre. Cette supériorité découle de plusieurs facteurs, et nous en indiquerons ici trois : la connaissance, la différence, la souffrance.
La connaissance : Il s'agit là, de la conviction de connaissances personnelles que nous pensons plus importantes par rapport à celle de l'autre, autrement dit "nous savons mieux que l'autre" ou plus communément "nous savons tout". Je crois que la Bible est claire dans Matthieu 7 : "Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez."
Dans ce passage, il s'agit du jugement poussant vers la condamnation de son prochain. Et si notre conviction de savoir mieux que l'autre est vérifiée, alors la Grâce de Dieu n'est pas assimilée lorsque nous critiquons. En effet, comprendre ou "connaître mieux" que quelqu'un d'autre ne nous valide pas plus devant Dieu, car c'est par grâce que nous bénéficions du discernement et de la connaissance. La solution est plutôt de prier avec humilité pour les personnes concernées par le manque de sagesse que nous percevons, car c'est là la volonté de Dieu. Il n'est pas mauvais de constater ce qui ne va pas, mais nous ne devons pas dériver et rester assis dans le jugement. D'autant plus que la prière peut nous dévoiler que nous nous trompons sur ce que nous pensons de l'autre et... de nous-mêmes ! D'où la suite du passage : "Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton oeil, toi qui as une poutre dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'oeil de ton frère."
Soulignons bien qu'une connaissance importante (des écritures de la Parole par exemple), peut malheureusement faire gonfler notre orgueil. Car le plus important ce n'est pas la connaissance, mais ce que l'on fait d'elle, autrement dit, la manière dont nous l'appliquons.
La différence : Notre manière de fonctionner, notre éducation, notre culture, nos goûts et aspirations personnelles sont des critères qui prennent tant de place dans nos vies, qu'ils nous poussent parfois à ne pas comprendre les choix et fonctionnements des autres. La Bible nous rappelle pourtant qu'" il n'y a plus ni Juif ni non-Juif, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car nous sommes tous un en Jésus-Christ" . En Christ est notre identité, souvent oubliée, remise en second plan après nos traits de personnalité. Vivre et servir ensemble dans un équilibre mutuel caractérise l'amour de notre chef et Seigneur Jésus, dont nous sommes le corps. Nos différences quand elles sont ramenées à Christ peuvent être une force pour le Royaume de Dieu.
La souffrance : Il y a des phases dans notre vie, durant lesquelles nous avons l'impression que tout va mal et que la terre entière nous tombe sur la tête. La solitude frappe, l'incompréhension des autres nous déçoit et nos pensées sont bouleversées. Alors des raisonnements conduisent à la rancune, puis aux murmures et plaintes sur les autres, nous nous mettons à en vouloir à toute la planète. Notre bouche tombe dans ce cas dans la critique et toute la place est laissée au jugement des autres. Passer son temps à juger et critiquer est l'un des signes les plus flagrants d'une souffrance cachée. Il est important de s'arrêter et de faire un sondage de notre coeur afin de comprendre et cerner les mauvaises racines.
2. Flatter
"On se dit des faussetés les uns aux autres, On a sur les lèvres des choses flatteuses, On parle avec un coeur double. Que l'Eternel extermine toutes les lèvres flatteuses, La langue qui discourt avec arrogance." Psaume 12.2-3
Une définition du verbe flatter nous indique qu'il s'agit de louer excessivement ou faussement quelqu'un pour plaire ou séduire. Lorsque nous flattons, les compliments lancés à la personne en face sont souvent intéressés, l'intérêt est donc tourné vers nous-même. Mais pourquoi ? À cause du problème de l'identité. Nous cherchons à créer consciemment ou inconsciemment notre propre identité. Il en découle des comportements en conséquence, comme chercher à obtenir quelque chose, telle que l'éloge sur notre personne alors que nous n'avons pas réellement envie de complimenter, attirer l'oeil sur nous, avoir une bonne réputation, se motiver à faire tout simplement une bonne action pour notre conscience ou chercher à forcer une amitié. Ces attitudes peuvent malheureusement relever une supériorité de la relation humaine (celle avec les autres et avec sois-même) sur la relation avec Dieu, une jalousie, un manque d'assurance en Christ, ... au final, nous nous mettons dans la peau de quelqu'un d'autre, parfois dans la motivation de vouloir être celui que l'on flatte. Et dans ce cas, la flatterie peut tristement cacher un mépris.
"Ils bénissent de leur bouche, Et ils maudissent dans leur coeur" Psaume 62.4
Dieu a fait de nous ses merveilleuses créatures en Christ par le Saint-Esprit. Si nous savons qui nous sommes en Christ et pourquoi Dieu nous a créés, son amour en nous se déverse sur les autres et ne peut être que sincère. Le véritable amour n'a pas besoin de flatter et de surjouer ses propos dans ses relations. Les mots merveilleux en feux d'artifice, les trop grands mots utilisés fréquemment ne sont souvent pas de l'amour, ni de vrais compliments, mais de la flatterie. Alors fuyons les "mon frère tu es extraordinairement fort !", "ma chérie, ma grande princesse du ciel de ma vie", "je t'aime !", " Ouaw tu es magnifique !", ces expressions placées trop fréquemment et à n'importe quels moments avec un large sourire, surtout quand un talent ou don de nous vient d'être mis en lumière. Prenons garde à ce que nos bouches elles-même fuient ces motivations. Attention ! Nous ne sommes pas en train de bannir les compliments à nos frères et soeurs, nous sommes en train de dire que l'amour de Dieu est simple et que nous devons être équilibrés.

3. Médire/commérer
Le commérage, une activité à contrat à durée indéterminée pour certains... "les couleurs des vêtements de la soeur ne vont pas ! je n'aime tellement pas la manière dont m'a parlé le frère, mais pourquoi ces deux-là ce sont mis en couple ? Ce frère a chuté, tu vois, lui qui croyait être spirituel !". Quand ces discussions deviennent une habitude voire une nourriture, c'est un cercle vicieux qui ne cesse. Le commérage est le résultat du manque d'une activité importante : s'occuper de nos propres affaires. Et nos affaires doivent être celles de Dieu. Commérer nous fait perdre du temps dans notre croissance, au lieu de prier ensemble, nous parlons sur la vie des autres et le temps passe. Nous grignotons des temps que Dieu nous offre pour médire. Médire est en d'autre terme "mal dire" donc dire le mal que l'on sait ou croit savoir sur quelqu'un. Dire le mal c'est faire le mal, mais nous avons été créés pour faire le bien, notre bouche n'est donc pas faite pour médire mais pour bénir.
"Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père?" Luc 2.49
Une chose est sûre, c'est que Jésus n'avait pas le temps. Quand on s'occupe des affaires de Dieu, il s'occupe des nôtres telles que ce qu'il y a à changer en notre caractère pour évoluer avec Lui.
4. Rabaisser/humilier
"Des regards hautains et un coeur qui s'enfle, Cette lampe des méchants, ce n'est que péché" Proverbes 21.4
Nous sommes tous dotés de facultés et qualités que le Seigneur a placées en notre être, chacun spécifiquement. Il arrive qu'au lieu de se concentrer sur ce que l'autre sait faire, sur ses qualités et dons personnels, nous lui définissons une identité sur ce qu'il ne sait pas faire. C'est là qu'intervient la notion d'équité. La Bible nous dit dans le Psaume 89 que la justice et l'équité sont la base du trône de Dieu. Cela signifie que Dieu nous traite avec justice et selon ce qu'il donne à chacun. Rabaisser quelqu'un, est l'attitude de celui qui méprise la propre créature de Dieu, en la voyant trop petite par rapport à lui-même.
"Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres" Philipiens 2.3-4
Notre valeur n'est pas tirée de la faiblesse des autres, ou du moins de ce que l'on considère comme étant leurs faiblesses, mais de Christ lui-même et de son oeuvre à la croix pour nous. C'est en aimant et élevant nos frères et soeurs que l'oeuvre de Jésus est authentique en nous et c'est là que reflète notre valeur. Découvrir les trésors de chacun, les chérir et respecter les faiblesses respectives de tous dans l'encouragement, c'est honorer l'Artisan Créateur de toutes choses.
5. Rapporter
"Celui qui répand la calomnie dévoile les secrets; Ne te mêle pas avec celui qui ouvre ses lèvres" Proverbes 20.19
La difficulté à garder un secret, ou garder pour soi ce que nous entendons ou voyons parfois, a une conséquence elle aussi sur la mauvaise utilisation de notre bouche. Faire un rapport sur des situations qui ne nous concernent pas a pour danger parfois le déclenchement d'une rumeur et nous pouvons blesser le frère ou la soeur concernée. Les rapporteurs sont inévitablement "confrères" des commères, ceux en effet qui pratiquent bien le commérage. C'est le même problème dans le fait de ne savoir s'occuper de notre propre vie. Vouloir se mêler d'événements non personnels, mettre en évidence le fait d'être au courant d'une situation, ou vouloir se venger de quelqu'un qui nous a heurté dans le passé, en sont des causes à l'origine.
"Eternel, mets une garde à ma bouche, Veille sur la porte de mes lèvres!" Psaume 141.3
L'une des réalités est que nous confondons "dénoncer" et "colporter". Parfois dénoncer est une solution pour éviter un danger dans l'église dans certain cas, mais c'est avec sagesse et après avoir prier, que la décision doit être prise.

6. Mentir
Pourquoi la bouche sert-elle encore au mensonge ?
"Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses oeuvres" Colossiens 3.
Le mensonge nous invente des bouts de vie ou de personnalité qui ne sont pas les nôtres, et quand il s'agit de l'appliquer sur les autres, les conséquences en sont parfois désastreuses.
Nous savons que Christ est le Chemin et la Vérité. S'il vit en nous après la nouvelle naissance, alors la Vérité vit en nous, et elle vit aussi dans nos paroles. Certaines personnes pensent que le mensonge est plus fort qu'elles, mais Christ est plus fort et plus grand que le mensonge. Satan est le père du mensonge selon la Parole de Dieu, et aussi le prince de ce monde, mais "celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde" 1 Jean 4.4. Alors n'oublions pas que lorsque nous mentons, nous écoutons et acceptons la fausse vérité de satan à nos oreilles, qui n'a d'objectif que de nous égarer et nous séparer de l'Église.
"Ecarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours" Proverbes 4.24
Que notre bouche soit remplie de la vie de Christ, est la Volonté parfaite du Père.
7. Se dénigrer
C'est là un sujet qui touche grand nombre d'enfants de Dieu. La relation avec nous-même est importante et elle est un reflet de notre relation avec Dieu. Ce que nous disons de nous doit être ce que Dieu dit dans sa Parole de nous. Il n'y a aucune prétention à déclarer les beautés et merveilles sortant de la bouche de Dieu sur notre personne. Rien ne peut changer ce que nous sommes en Jésus quand nous acceptons Christ qui est la Parole vivante elle-même. Par moment, se pardonner est une clé essentielle à notre changement de regard sur nous. En effet, nos erreurs ne déterminent pas ce que nous sommes, car le Père céleste regarde en son Fils Jésus pour décrire qui nous sommes et non à nos erreurs. Bien que cela semble toujours insensé, nous sommes justes aux yeux de Dieu, et c'est par le sacrifice de Jésus-Christ !
"C'est toi qui as formé mes reins, Qui m'as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables." Psaume 139.13-14
Dieu nous a créé esprit, âme et chair. L'esprit doit faire un avec Lui, mais s'il a placé en nous des traits physiques, de personnalité, de caractère, des émotions, ces caractéristiques ne sont pas à négliger. Car Il souhaite les utiliser pour sa gloire au travers d'un témoignage.
8. Être grossier
"Qu'on n'entende ni paroles déshonnêtes, ni propos insensés, ni plaisanteries, choses qui sont contraires à la bienséance; qu'on entende plutôt des actions de grâces" Éphesiens 5.4
Le coeur nourrit les pensées, qui à leur tour alimentent la bouche. Si elle est alimentée par ce qui ne glorifie pas le Seigneur et que l'on n'y met pas un frein, il y a de réelles conséquences. Dans le cas de nos conversations de groupe, la grossièreté est dans le désir de désorienter la discussion. Certaines blagues, en effet dénigrantes ou vulgaires, donne un sens malsain à une conversation dans le but de la détourner. Si nous sommes accommodés aux plaisanteries souillant ce que Dieu est ou ce qu'Il a créé, c'est que nos pensées sont remplies d'impuretés et faussetés le concernant.
"Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées." Philippiens 4.8
La lecture et la méditation de la Parole de Dieu transforme notre langage en celui de l'Esprit. Il faut qu'il croisse et que nous diminuions, nous indique Jean 3.30. Si l'Esprit prend sa place dans nos pensées par la Parole que nous méditons, ce qui est grossier ne sera plus notre partage. Soyons clairs, les grossièretés sont un langage du monde pour se sentir parfois accepté dans un cercle. Il s'agit comme d'un code de communication parfois. Mais que semons-nous par elles ? Tout mot à une signification. Certains mots sont employés sans qu'on en sache l'origine et sans le savoir nous pouvons semer un assèchement de certain domaines de notre vie ou celle de nos proches. Dieu nous appelle à nous sanctifier et c'est aussi dans notre langage et dans les intentions qui le nourrissent.
Conclusion
La bouche est un canal puissant de bénédiction, mais aussi de malédiction pour quiconque s'attache à ce qu'elle déverse.
"Sachez-le, mes frères bien-aimés. Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler" Jacques 1.19











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