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Féminité perdue entre identité et légalisme : témoignage de Anne

  • Photo du rédacteur: La Parole Chrétienne
    La Parole Chrétienne
  • 9 févr. 2021
  • 5 min de lecture



Je suis née dans une famille chrétienne protestante dans laquelle j'étais la seule fille de cinq enfants. Nos parents nous ont toujours appris que nous pouvions faire confiance à Dieu et il faisait partie de notre quotidien. Je n'avais aucun doute sur l'existence de Dieu, il avait plusieurs fois répondu à mes prières d'enfant. Une fois, j'ai eu une crise d'appendicite entre sept et huit ans, donc je me suis retrouvée aux urgences. Je ne voulais surtout pas me faire opérer, j'avais peur, donc quand l'infirmière s'est absentée j'ai demandé à ma mère que l'on puisse prier. Nous avons prié et la crise est passée, mais ils m'ont quand même gardée en observation à l'hôpital, puis le jour suivant j'ai pu rentrer à la maison. Une autre fois une verrue s'est mise à pousser au niveau de ma paupière, cela m'a fait bizarre, je me souviens avoir prié, les jours d'après la verrue a gonflé et est partie. Ce sont des choses comme cela qui marquent quand on est enfant, on priait aussi pour les petites choses d'école avec mes parents. Dans cette approche de Dieu, nous allions tous les dimanches à l'église et nous entendions tout le temps que Jésus était mort pour nos péchés, mais je trouvais que je n'avais pas besoin de me repentir enfant, vu que mes parents étaient chrétiens et que j'étais une fille assez tranquille. Mais je voyais mes parents dans la foi, ils chantaient et je sentais qu'il y avait quelque chose qu'il me manquait que je n'avais pas compris.


"Je ne voulais plus devenir une femme"

J'avais comme un malaise, qui s'est accentué à la puberté, je trouvais que Dieu c'était trompé sur moi. À cette époque, je ne me sentais pas du tout à l'aise avec les filles, et je voulais être acceptée de mes frères, dans leur bande. Ils disaient que certaines choses n'étaient pas faites pour les filles. Ils faisaient cette différence inconsciemment dans le jeu, mais moi je le ressentais comme un rejet, je voulais qu'ils m'acceptent dans leurs jeux et voulais leur montrer que ce n'était pas vrai. Sans me rendre compte, je voulais être une autre fille, être différente des autres. Je ne me retrouvais pas dans le cadre qu'on a imposé aux autres filles, un cadre différent de mes frères. En tant que petite fille, pour rentrer dans leur cadre j'avais juste à faire la même chose qu'eux, comme ça ils pouvaient voir qu'ils se trompaient et que j'étais différente des autres, que j'étais à part. Quand la puberté s'est imposée à moi, je l'ai prise comme une trahison de Dieu, je n'étais pas dans l'acceptation de ma féminité et j'avais l'impression que Dieu me l'avait imposée et que je ne pourrai plus être cette personne que je voulais être devant mes frères. Je lui en voulais énormément, Dieu m'avait trahi et je ne pouvais plus impressionner mes frères et j'ai commencé à me haïr. Je me suis retrouvée dans un désarroi, comme si une flamme s'était éteinte et que je n'avais pas le moyen de la rallumer. Je ne voulais plus devenir une femme. Je suivais mes parents à l'église sans vraiment comprendre les choses, je les comprenais avec intelligence mais pas avec mon cœur, je les récitais par cœur à l'église à l'école du dimanche. Et un matin au club du dimanche, lors de la prière par laquelle nous commencions toujours, sans savoir vraiment pourquoi, je me suis mise à pleurer et ai demandé pardon à Dieu pour mon mauvais cœur et je me suis retrouvée en vision en train de clouer les mains de Jésus, cela m'avais tellement bouleversée et j'ai compris que même si mes parents étaient chrétiens, que j'avais besoin de me réconcilier avec Dieu. J'étais vraiment dans une émotion, j'étais troublée par ce que je venais de voir. Juste après, une joie immense m'a envahie comme si on enlevait un poids sur mon cœur, il était léger, même à la maison mes parents me disaient que j'étais tout le temps en train de chanter, d'ailleurs j'écrivais fréquemment des chansons avec mes mots. Cela a été un engagement avec Dieu. Après cette expérience, une année après, j'ai réalisé que je devais m'engager avec Lui, et comme je n'étais pas majeure, j'en ai parlé avec mes parents et comme j'étais très déterminée, je me suis faite baptisée juste avant mes 14 ans.


"on se retrouve dans le moule qu'on veut nous imposer sans nous en rendre compte, pour être accepté par un groupe de personnes"

Cependant, nous étions dans une église particulièrement légaliste, où on nous imposait comment s'habiller, se coiffer... le pasteur se basait sur un texte qui dit que les femmes ne doivent pas s'habiller comme les hommes et un autre où Paul dit qu'une femme ne doit pas prendre la parole comme un homme. On ne pouvait pas vivre une vie d'église normale sans suivre ces choses là, c'était un légalisme limite sectaire. Par exemple, je ne pouvais pas me couper les cheveux comme je voulais, les femmes devaient mettre aussi le foulard. Je sentais qu'il y avait quelque chose qui clochait mais je voulais plaire quand même à Dieu. Je souhaitais aussi participer à la vie de l'église mais je le faisais à contrecœur. À ce moment aussi, j'aurais voulu être un garçon pour ne pas avoir à supporter cette pression légaliste, ma féminité a vraiment été blessée. Alors la liberté et le feu de la nouvelle naissance se sont éteints petit à petit sans que je ne me rende compte et la spontanéité a été remplacée par la religiosité, car tout ce que l'on veut exprimer est freiné, on se retrouve dans le moule qu'on veut nous imposer sans nous en rendre compte, pour être accepté par un groupe de personnes.

Mais Dieu a permis que je parte de cet endroit pour mes études sur Paris, ce qui m'a permis de construire ma foi personnelle, non basée sur les expériences des autres et sur les interprétations légalistes des textes de la Bible. Je me suis retrouvée dans un rassemblement de jeunes à mettre le foulard dans un endroit où il y avait 300 personnes ou j'étais la seule à le faire. Et par un don prophétique, j'ai compris que ce que je faisais était pour Dieu et que je n'avais pas à rougir, ça m'a beaucoup encouragée. Le plus important était le cœur avec lequel on faisait ce qu'on faisait et Dieu avait vu que je faisais cela pour Lui, même si ce n'était pas forcément ce qu'il me demandait. Une bonne chose était que je vivais ma propre foi grâce au fait de me retrouver toute seule dans des endroits ou je ne connaissais personne. Je me suis rendue compte que l'on m'avait imposé des choses de l'ordre du légalisme et j'ai pu en être affranchie, car Dieu ne regardait pas à ce que je faisais mais il regardait à mon cœur. Cette liberté retrouvée s'est assise le jour où j'ai été baptisée du Saint-Esprit. J'ai senti que le Saint-Esprit avait travaillé tout ce qui était de l'ordre de la culpabilité, des mauvais souvenirs, des choses qui me hantaient sans savoir, Dieu m'en a guérie, il a guéri mon cœur.


Dieu a rétabli petit à petit mon identité, il a permis des rencontres qui m'ont aidée. Il m'a appris à me nourrir moi-même de sa parole et de l'étudier. Toutes ces choses m'ont donné de me réconcilier avec ma féminité. J'ai compris que pour plaire à Dieu je n'ai pas besoin d'être quelqu'un d'autre, il m'aime telle que je suis et j'ai du prix à ces yeux, car il ne regardait pas à ce que je faisais mais il regardait à mon cœur.



Anne



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