Brisée par la langue : témoignage et rencontre
- E R
- 27 mai 2020
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 nov. 2020

« De même la langue est un petit membre, et elle se vente de grandes choses. Voici comme un petit feu peut embraser une grande forêt ! La langue aussi est un feu; c'est le monde de l'iniquité. La langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant tout le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la Géhenne. » - Jacques 3.5, 6 -
La langue, ce petit muscle que nous avons dans notre bouche, formant des paroles, peut créer, construire, mais aussi détruire. Une phrase, voire un mot peut malheureusement avoir de lourdes conséquences dans notre âme et notre vie : manque de confiance et d'assurance, manque d'estime de soi, amertume, échecs répétitifs, stress, maladies ... toutes ces choses peuvent souvent provenir de paroles qui ne nous ont pas construits. Je vous en dis plus.
Des années de souffrance morale et affective
J'ai grandi et évolué dans un environnement rempli de critiques, jugement, amertume, commérage et malveillance. Un jour ne passait pas sans qu'une critique envers autrui ne sorte d'une bouche, que ce soit des remarques négatives sur le physique d'une personne (surtout quand il s'agit d'obésité), ou des réflexions fondées sur des préjugés. C'était un environnement qui souvent apportait frustration, stress et agressivité. Au travers de cette atmosphère, je n'ai pas reçu l'amour, ni connu sa correcte définition. On avait beau me laisser entendre le contraire, non seulement je ne me sentais pas aimée mais une voix me soufflait dans mon coeur qu'il me manquait quelque chose.
Dans cet entourage, l'autorité était souvent utilisée de manière abusive. De certain proches adultes, j'entendais mes défauts plus souvent et facilement élevés que mes qualités. Les réprimandes duraient beaucoup plus longtemps que les éloges et je connaissais l'oppression. Ces personnes de position autoritaire, remettaient constamment en cause mes capacités et déversaient des paroles d'échec à mon égard. Comprenez qu'en leur présence, je ne connaissais donc pas mes qualités morales. Souvent j'étais comparée aux autres petites filles et toute situation était favorable pour m'accuser et me plonger dans une culpabilité. Les raisons ? Pour être honnête, d'origine et bien que ne manquant de rien matériellement, je n'étais tout simplement pas heureuse. Je ressentais la frustration et la souffrance de ceux autour de moi, provoquant une tristesse qui était malheureusement perçue comme de la méchanceté, car je n'avais pas envie de sourire et réagissais en conséquence. Alors j'étais parfois un sujet de honte pour les autres, j'étais la vilaine fille. On me demandait de changer, de sourire, mais la petite fille que j'étais ne pouvait se changer elle-même, malgré l'auto-culpabilité dans laquelle elle était plongée.
En conséquence, je recevais des paroles telles que "tu n'auras pas de copines à l'école", "tu te retrouveras seule dans ton coin", "aucun homme ne voudra de toi", "on te laissera tomber", alors que je n'étais encore qu'une enfant. Et puis plus tard, malgré l'âge plus mûre, il y avait les "tu ne sauras pas faire", puis encore plus tard, "tu n'as pas le niveau". Se rajoutaient à cela des remarques systématiques sur mon physique comme "tu es maigre", qui était une remarque qu'il fallait encaisser et accepter. C'était normal. Sans compter les surnoms venant se rajouter. D'un autre côté, pour rester sur le plan physique, les moqueries de mes camarades à l'école ne me réconfortaient pas par-dessus, me rappelant régulièrement que j'étais moche.
En âge de prendre des décisions dans ma vie, mes choix devenaient à maintes reprises l'objet de critiques. En prenant un exemple clair, mes aspirations pouvaient être considérées comme trop élevées pour moi et mes entreprises inconcevables.
Tout ce quotidien parsemé de paroles négatives provoquait quelque chose au fond de moi, venant s'ajouter à mes larmes : la PEUR. Il y avait toujours un moment dans mes journées où elle venait frapper. Une peur du lendemain, des autres, de moi-même, du regard d'autrui, de mon avenir. Je ne pouvais pas m'aimer à cause de l'image que j'entendais de moi, ni aimer mon corps. En effet j'en avais développé un complexe. Toutes ces paroles venant de personnes qui étaient des modèles, ont malheureusement porté un mauvais fruit dans ma vie.
Le fruit de paroles d'échec
Je me retrouvais souvent seule à l'école avec mes souffrances affectives. J'étais une enfant, adolescente, jeune fille qui ne souriait pas beaucoup, considérée comme difficile, souvent délaissée par mes camarades. Et plus on me le reprochait, moins je souriais, et je me renfermais. Mais dans mon coeur, tout était de ma faute.
A l'adolescence, et même un peu avant, divers domaines ont été testés pour un éventuel changement en moi tels que les visites chez psychologue, yoga, occultisme, magie, voyance, et sans résultat. Déjà croyante à l'époque, même mes prières n'ont rien changé à ma douleur. Malheureusement, la plupart des pratiques que je viens de vous énoncer sont plus dangereuses que guérisseuses.
Je me suis évadée ensuite, dans la danse, mes parents m'y ont encouragé, c'était une forme d'expression qui me soulageait, mais croyez-moi cela n'arrachait pas la racine du mal au fond de moi, d'autant plus que mes véritables besoins émotionnels n'étaient pas cernés et comblés.
Après des années, et échec après échec, constamment en quête d'affection, je ne comprenais pas pourquoi mes relations sentimentales ne duraient qu'un instant. Je ne réalisais pas ce que la peur provoquait dans mon comportement. C'était comme si les paroles du passé prenaient vie à chaque instant et sans en être consciente. Il était également clair que je ne m'aimais pas et ne pouvais pas aimer les autres, car on donne ce que l'on reçoit. Alors forcément je critiquais, jugeais, me moquais des autres à mon tour, insultant même ceux qui étaient maigres ! Et ce, pendant des années. Et oui, Je remettais le mal que l'on m'avait fait, et faisais subir cela à mon entourage et à d'autres proches.
En outre, voulant prouver que j'étais quelqu'un doté de capacités et qui réussissait, je vivais dans le mensonge. La vie que je menais n'était pas la vie dont je parlais. Entre-autre, j'avais tellement envie que l'on soit fier de moi, que je m'abandonnais dans des projets qui n'ont donné que fatigue et échec.
Ne comprenant pas la sens de ma vie, je ne connaissais pas ma valeur et mon identité et plus je recherchais le bonheur, plus j'étais malheureuse, car je faisais de mauvais choix pour prouver que je pouvais m'en sortir.
Le temps passait, et ne comprenant pas l'origine de ma souffrance, je me voyais sombrer. Je ne pensais qu'au suicide. En gros, j'existais sans vivre, car mon âme était morte.
Cependant, les prochaines lignes sont le récit d'une grande révélation.
Une rencontre qui a tout changé

En 2012, sous les conseils d'une amie, je me mets à lire les évangiles et commence à comprendre ce qui m'arrive depuis des années. Je me rapproche de la Vérité, me rapprochant de qui est Jésus, cette personne que je ne comprenais pas. Je réalise mon état devant Dieu, comprends que Christ a souffert et est mort pour moi à la croix et que je n'ai plus à porter mon fardeau, il l'a fait ! Je lui demande pardon, car il n'est pas mort pour des gens parfaits, mais des pécheurs, afin de leur donner accès à la Vie Eternelle. Une paix naît en moi de manière surnaturelle. J'ai soif. Une restauration commence. Je saisis son amour et me mets à aimer à mon tour.
En 2013, je décide de donner ma vie à Jésus, un jour inoubliable. Cependant, il me manque quelque chose : Pardonner. Et pourtant Jésus m'a pardonné toutes mes fautes, je dois pardonner. Et non, nous ne pouvons pas accuser toute notre vie ceux qui nous ont fait du mal, nous avons la responsabilité de faire de bons choix. Pour en citer un : celui de vouloir guérir, car il n'y a pas de guérison sans pardon. En effet, la rancoeur me ronge tellement que j'en ai des douleurs et blocages physiques. Je mets du temps à pardonner, c'est long, car je n'expérimente pas la puissance de la Parole de Dieu dans cette période, tout simplement parce que je ne réalise pas que les promesses de Dieu qu'elle contient, sont des armes à utiliser dans la prière. Et là chers amis... à partir de l'instant où je comprends, c'est alors que j'expérimente la guérison grâce au pardon que j'accorde, et poursuis une relation plus profonde avec Dieu ! Et regardez la suite...
Débarrassée de la langue du passé
Les promesses de Dieu
"Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse" Psaume 139:14"Car je connais les projets que j'ai formé sur vous, dit l'Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance." Jérémie 29:11"Il n'y a donc aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ" Romain 8:1 "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles."
2 Corinthiens 5:17Je comprends chaque jour de plus en plus qui je suis et me découvre au travers de la Parole de Dieu et ce qu'elle déclare sur moi. Tant de promesses dans lesquelles Il dit qui je suis :
« une créature merveilleuse », une personne à qui il a donné « un avenir et de l'espérance », une femme pour qui « il n'y a plus aucune condamnation car elle est en Jésus-Christ » ! Il m'a justifié ! Quelle Grâce ! Je ne pensais pas pouvoir être heureuse un jour et rencontrer un amour sincère de quelqu'un pour moi. Quelqu'un qui a souffert pour que je n'ai plus à souffrir. Maintenant je n'ai plus rien à craindre. Croire ce qu'Il dit de moi c'est croire la Vérité, car Jésus est la Vérité, la vie, le chemin (Jean 14.6). Je suis délivrée non seulement du mensonge, mais Dieu au travers de Jésus m'a libéré de la honte, la culpabilité, l'échec. Je ne crois donc plus aux paroles du passé, Il les a effacé ! Je crois à la Parole de Dieu, ma source de guérison en Christ. Mon identité est en Lui aujourd'hui et je suis avec Lui pour toujours. Alors que j'étais morte, je suis ressuscitée !
Aujourd'hui les critiques et paroles négatives peuvent continuer, mais je sais qui je suis : en Christ une « nouvelle créature car toutes choses anciennes sont passées », et l'ancienne femme que j'étais n'est plus.
L'amour de Jésus a transformé la personne que j'étais en un être heureux et comblé, capable de pardonner, quelque chose de totalement impossible sans Lui. Il a changé mes ténèbres en lumière et me remplit d'amour pour ceux qui m'ont blessé. J'ai été capable de les prendre même dans mes bras.
Grâce à la Parole de Dieu, j'ai trouvé ce que je cherchais, j'ai découvert l'Amour, le vrai, j'ai trouvé la Vie, j'ai trouvé Jésus.











Commentaires